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Un façon meilleure
Une solution sensée : bâtir et profiter des succès
Au lieu d’abolir les prisons agricoles, Service correctionnel Canada devrait aller dans l’autre direction – accroître la disponibilité de ces programmes et en élargir la portée. D’un seul coût, l’élargissement du programme agricole augmenterait la réadaptation fructueuse et générerait des revenus financiers encore plus considérables pour SCC, le gouvernement et les contribuables.
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Les programmes agricoles de SCC sont bien placés pour tirer parti des tendances grandissantes dans l’agriculture et la transformation des aliments.
La première, c’est un intérêt ‘vert’ croissant en faveur d’une agriculture durable et des aliments organiques. La crise récente de la listériose a produit un élan en faveur d’une deuxième tendance : le soi-disant ‘régime de 100 milles’, fondé sur la |
production et la consommation d’aliments produits localement.
Depuis la ferme jusqu’à l’usine de transformation, l’agriculture est aujourd’hui une entreprise. Il y aura toujours un besoin de main-d’œuvre peu spécialisée, mais la gestion de la chaîne alimentaire du Canada exige des connaissances et des compétences encore plus grandes.
Nous suggérons un remaniement radical, qui élargirait et repositionnerait les programmes agricoles de SCC en centres à profit autofinancés, où les détenus pourraient acquérir les connaissances et les compétences dont ils ont besoin pour obtenir un emploi vraiment réaliste après leur libération.
L’exemple d’une ferme – l’établissement de Kingston – exposé sous l’onglet ‘Une étude de cas’ ci-dessus, montre le potentiel d’une telle expansion.
Les établissements devraient étendre les programmes agricoles existants. Une utilisation plus grande des serres pourrait prolonger les périodes de croissance, permettant de faire pousser des produits de plus grande valeur, de cultiver des fleurs et des plantes pour approvisionner les pépinières locales. La commercialisation des produits auprès des collectivités extérieures serait effectuée conjointement avec les représentants des agriculteurs locaux afin d’éviter de nuire aux marchés locaux.
Il devrait y avoir un mouvement ascendant vers des produits à valeur ajoutée. Une ferme laitière pourrait également produire du fromage ou d’autres sous-produits laitiers. Pour la culture du blé, on pourrait établir une boulangerie spécialisée. Encore une fois, ces produits seraient commercialisés en fonction des conseils et de la participation des petites entreprises locales et vendus dans leurs magasins aux prix du marché.
Cette collaboration accroîtrait et renforcerait le contact positif avec les populations rurales et urbaines environnantes. En outre, le contact face à face durant le processus augmenterait la possibilité que les détenus seraient placés dans des emplois appropriés après leur libération.
Dans le cadre de notre plan, les détenus apprendraient les théories et les pratiques les plus récentes en matière de gestion des cultures et de l’élevage, en accordant une importance à une agriculture durable, organique et locale. Durant les mois d’hiver, on offrirait des cours sur les pratiques commerciales, les compétences en informatique, la comptabilité, la science des récoltes, et les compétences vétérinaires fondamentales.
Évidemment , on ne pourrait raisonnablement s’attendre d’un détenu qu’il se lance en affaires, voire même qu’il achète une ferme, après sa libération d’un programme agricole. Néanmoins, malgré la portée restreinte des programmes agricoles actuels, relativement peu de détenus n’ont pu trouver du travail en agriculture ou en agro-alimentaire après leur libération. Un des but des programmes agricoles revitalisés consisterait à collaborer étroitement avec les associations agricoles et l’industrie pour donner aux détenus les compétences nécessaires, puis les placer dans des emplois appropriés après leur libération.
Gérés avec énergie et vision, nos programmes des prisons agricoles pourraient devenir des modèles de réadaptation de classe internationale, basés sur un mélange fructueux d’une forte éthique de travail et de compétences agro-industrielles de pointe. Pour ce qui est du ‘résultat net’, une production stimulée et la commercialisation plus énergique des denrées alimentaires auprès des collectivités environnantes permettraient de recouvrer l’investissement initial et générer éventuellement un train de profits.
Plusieurs Conservateurs affirment sans équivoque que le programme agricole de SCC soulèverait la colère des producteurs du secteur privé. Toutefois, les preuves courantes laissent supposer le contraire. Prenons, par exemple, l’abattoir de la région de Kingston, propriété de l’homme d’affaires local Bruce Wallace.
Wallace emploie 10 détenus du programme agricole de l’établissement de Pittsburgh. Les salaires sont payés par Service correctionnel Canada. Le bétail d’environ 50 bêtes abattues chaque semaine provient de quelque 300 éleveurs de bovin locaux. La viande est vendue aux restaurants locaux, aux boucheries locales, ainsi qu’à SCC, pour ses six installations correctionnelles régionales.
En échange du ‘travail gratuit’, Wallace permet aux détenus de Pittsburgh d’acquérir des compétences très pratiques dans l’industrie de la viande, dans un milieu qui favorise le respect de soi et la formation du travail d’équipe. Le propriétaire souligne qu’il sait qu’un certain nombre de prisonniers sont allés travailler dans l’industrie après leur libération.
Même le gouvernement a reconnu l’importance du partenariat de Wallace avec l’établissement de Pittsburgh. À la mi-mai, le ministre de la Sécurité publique a annoncé que l’abattoir demeurerait en opération et ne serait pas forcé de déménager – une autre preuve de la viabilité de la création d’emplois additionnels et des initiatives de formation entre les établissements de SCC et les entreprises locales.

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