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Détenu de Riverbend explique que le système agricole des pénitenciers offre plus que de simples compétences de travail

Lettres à l'Éditeur
Prince Albert Daily Herald

Le Service correctionnel du Canada est de l’avis que fermer les fermes situées aux établissements à sécurité minimale sera avantageux, puisque les détenus n’ont aucun intérêt à continuer en agriculture une fois libérés.

Ce n’est pas le cas. Il y a plusieurs bienfaits que les gestionnaires du SCC à Ottawa refusent d’accepter ou de reconnaître.

Un stage sur les fermes sauve des vies et des âmes et permet aux détenus d’avoir le choix personnel de changer. L’homme sur la rue, on l’espère, a trouvé une raison de vivre.

Mon histoire est celle d’une vie retrouvée. J’ai pris une vie. J’ai passé 26 ans à l’intérieur de notre système pénal et j’ai vu les bienfaits d’être à la ferme.

Ça fait presque deux ans que je suis à l’établissement Riverben. Avant d’avoir reçu le droit d’être en sécurité minime, j’ai été détenu dans quelques-unes des pires places au Canada. Je n’avais plus le goût de vivre; l’établissement avait gagné.

Lorsque je suis arrivé à Riverbend, je ne m’attendais pas à de gros changements. Ils m’ont donné du travail dans la laiterie en tant que pâtre; je n’avais aucune idée de ce que c’était. Je suis arrivé ici, très naïf, très nouveau dans le monde de l’agriculture. Qu’est-ce qu’un homme comme moi pouvait apprendre sur la ferme? Quels bienfaits me rapporterait ceci?

La ferme à l’établissement Riverbend à Prince Albert m’a redonné le goût de vivre, le besoin de connaître la vie.

Je n’ai pas seulement travaillé comme pâtre. J’ai eu l’occassion, par l’intermédiaire de la ferme, d’apprendre des lessons importantes, comment réparer une clotûre, comment réparer la machinerie, comment aider un veau à naître, pour n’en nommer que quelques-unes. J’ai travaillé avec les veaux, je les ai redonné leur vie.

Pourquoi est-ce que ceci serait original? Vingt ans plus tôt, j’ai pris la vie de quelqu’un. Maintenant, je m’occupais à donner la vie. Toutes les habiletés et les compétences que j’ai apprises sur la ferme m’ont permis de faire de la lumière sur des questions sérieuses.

La ferme m’a donné l’espace nécessaire pour que je puisse devenir une personne faisant preuve d’empathie. J’ai commencé à connaître la personne que j’étais, chose qui ne se serait pas passée si j’étais encore dans l’ombre des murs. La ferme a sauvé ma vie. Dans toute autre situation, lorsqu’un programme peut sauver seulement une vie, cela en vaut la peine et est justifiable.

Il y a environ 120 gars ici. Ils ne travaillent pas tous sur la ferme et ce n’est pas tous qui atteigneront le même niveau d’introspection que moi. Je me vois comme le gagnant dans cette situation, puisque l’objectif de la ferme a été atteint. J’ai maintenant une éthique relative au travail, une chance d’être responsible et l’occasion de faire confiance aux autres et de permettre aux autres de me faire confiance. La route a été longue et je sais que j’ai encore du chemin à faire.

Le travail avec le bétail m’a appris comment faire preuve de compassion. J’ai gagné la confiance des animaux. J’ai nourri des veaux, les ai entraîné et, dans certain cas, j’ai même été leur mère, aussi bizarre que ceci peut sembler. Mon progrès a permis au Conseil national de liberté conditionnelle de m’offrir des sorties temporaires avec escorte, ce qui mènera à des absences temporaires sans escorte et même, un jour, des libertés conditionnelles d’une journée. Cette confiance qu’on me démontre a été acquis par mon travail à la ferme. Ceci ne serait pas arrivé si je n’avais pas eu la chance de venir à Riverbend.

La ferme devrait être vue comme un programme avantageux pour le SCC et devrait demeuré en place afin de permettre à d’autres détenus la change de changer. Sans ceci, qu’est-ce qui arrive avec l’espoir?

J’ai travaillé avec le meilleur gars au monde, Garry Forrest. Garry m’a montré comment travailler, comment écouter et, le plus important, comment respecter les autres. Sans son dévouement au programme agricole et au travail accompli, le programme n’aurait pas réussi et je ne serais pas où je suis aujourd’hui. Garry m’a redonné mon estime personnelle et mon amour-propre, deux choses difficiles à inculquer à un criminel de longue durée. Avoir eu la ferme et la chance d’y être m’ont permis d’avancer au point où je ne suis plus une menace pour le public. Sans la ferme, où serais-je aujourd’hui? Si je pouvais avoir ma propre ferme, j’en ferais ma vie. Et le système en serait le gagnant.

Sauvez la ferme.

Donald James McGregor
détenu de l’établissement Riverbend
Prince Albert

(Tel que dit à G.K. Summers)

http://www.paherald.sk.ca/index.cfm?sid=283198&sc=643

 


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